Publié le 14/04/2021

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Jardinage joyeux de Marius Martin

(archives, 16 mm / 1960 / La Chaussée-Saint-Victor / 2’26)

A la Chaussée-Saint-Victor, plans sur les ouvriers des bals-parquets Moulins Rouges se livrant au bêchage des parterres sous la direction de Mathilde. Après l'effort, la récréation : défilé de Mathilde Martin en porte-drapeau, les ouvriers se transforment en musiciens de fanfare. Mathilde s'empare d'un jet d'eau et arrose l'orchestre. L'équipe présente alors une démonstration acrobatique.

Marius Martin, l’histoire…au cœur d’une époque et de la région

Tout commence avec la naissance de Fernand Martin en 1891 à Poulaines (36) dans une famille de journaliers agricoles. Marius Martin est décédé en 2018 à l'âge de 96 ans. A 16 ans, le jeune homme entre en apprentissage à Valençay chez un charron-forgeron. Pendant plusieurs années, c’est ce métier qu’il apprend… et le violon à raison d’une leçon par semaine. Depuis tout petit, Fernand rêvait d’animer des bals. En 1910, il n’a pas vingt ans et tente sa chance. A Rouvres-les-Bois, un commerçant lui prête une grange, sans plancher et sans éclairage. Sur la terre battue, il installe une petite estrade avec des planches de récupération et éclaire le tout avec deux lampes à pétrole. Le bouche-à-oreille remplit la salle avec les jeunes du coin. Fernand se tient bien droit et joue face au public en martelant du pied les temps sur sa petite estrade. A la fin de la première danse, il annonce son cachet : «  2 sous de la danse ». Il faut me donner «  2 sous de la danse ».  Il passe au milieu des couples qui versent leur écot dans sa petite sacoche et les Polkas, les Mazurkas et les Scottishs s’enchaînent toute la nuit.

Ce jour-là, Fernand gagne en une nuit avec son violon ce qu’un ouvrier gagne en un mois. Il continue les bals, puis fait son service militaire en 1912… Il n’en revient qu’une fois la guerre terminée… entier. Il devient musicien de bal, joue pour les noces et épouse la jolie Mathilde en 1921. Avec elle, il fait vivre avant-guerre son premier parquet. Après-guerre, quand Mathilde voit l’affluence des jeunes dans un bal monté à Saint-Aignan, c’est elle qui a l’idée de construire le premier Moulin Rouge. Et l’aventure commence, filmée en 16 mm par Marius Martin, leur fils,  à partir de 1955.