Publié le 04/03/2021

Voir en ligne : Slurp de Florent Hill et Air Frais de Guillaume Darbellay

Le Cinémobile a souhaité faire écho à la fête des grands-mères avec Slurp et Air frais, deux courts métrages intergénérationnels qui mettent en scène le lien qui unit un enfant à ses grands-parents. Deux films qui résonnent d'autant plus en cette période où lien social et culture sont mis à mal. A découvrir ici jusqu'au 17 mars !

Perçus à travers le regard de l'enfant, ces deux films à la fois tendres, poétiques et drôles ont la particularité de ne pas contenir de dialogue, l'image étant alors le seul vecteur du propos et des émotions. 

SLURP de Florent Hill (France / Fiction / 2018 / 4 minutes 14)

 

Slurp est un film qui revêt une dimension personnelle pour Florent Hill qui est tour à tour, auteur, producteur et réalisateur. Les rôles de l'enfant et de la grand-mère sont, quant à eux, interprétés par des proches du réalisateur, Colin Hill et Fanny Delaage Hill.

L'intrigue à hauteur d'enfant met en scène un jeune garçon témoin d'une habitude alimentaire de sa grand-mère qui semble incommoder ses parents : elle lampe bruyamment sa soupe ! 

Avec beaucoup de sobriété, ce film à chute aux tonalités pastelles, nous livre une scène de la vie ordinaire perçue à travers le regard d'un enfant. Dès lors, toute l'action ancrée dans les décors réduits d'une maison vue de l'intérieur et de l'extérieur, se focalise sur les repas et quelques moments partagés entre l'enfant et sa grand-mère. Dans cette atmosphère exempte de bruits, où les dialogues sont absents et la musique discrète, le "slurp" produit par la grand-mère vient d'autant plus perturber le silence qui règne. Sans un mot, le réalisateur insuffle du sens à son récit. De fait, mouvements de caméra qui suivent le regard que porte le jeune observateur sur le monde qui l'entoure, suite de plans fixes sur le garçon en train de réfléchir et montage alterné sont extrêmement signifiants. 

Tout l'humour de ce film tient à l'image et au langage cinématographique et si vous prêtez bien l'oreille au fond sonore du film et à sa chute, il est fort à parier que ce court métrage à la fois tendre et drôle ne vous laissera pas indifférent et vous fera peut-être même sourire !

 

AIR FRAIS de Guillaume Darbellay (Suisse/ Fiction / 2019 / 4 minutes 25)

                                                                 

Air frais est une capsule issue de la web-série Mais Mec ! réalisée et post-produite par Guillaume Darbellay. Avec humour, le réalisateur a saisi des situations étonnantes ou des événements qui lui sont arrivés dans de courtes vidéos. Entre poésie et absurdité, légèreté du fond et rigueur dans la forme, la série explore une réalité éloignée et pourtant étrangement familière, partage des réflexions sur le monde actuel. 

L'intrigue de ce film est d'autant plus actuelle que nous vivons une période qui isole les personnes âgées et vulnérables pour les protéger. Afin de rompre l'isolement de son grand-père en fauteuil roulant, la jeune héroïne met en place une technique ingénieuse. 

Air frais est un voyage visuel qui nous entraine sur les pas de Léa, une jeune fille qui filme des tranches de vie au format scope. A travers ces images quotidiennes, elle espère extirper son grand-père de l'isolement et de la routine qu'il subit dans sa maison de retraite. Avec sobriété, tendresse, justesse et sans un mot ce court métrage se veut un contrepoint de la série Black Mirror en proposant une histoire poétique autour de la réalité virtuelle. A contre-courant des schémas habituels, la jeune fille affronte la banalité du quotidien avec les nouvelles technologies bien souvent diabolisées et associe son grand-père à ses moments de vie.